mercredi 22 mai 2024

Genève vote sur les symboles haineux

SUISSE. Le 9 juin prochain, le peuple genevois se prononcera dans les urnes sur l'article constitutionnel 210A interdisant l'exhibition ou le port de symboles, d'emblèmes et de tout autre objet de haine dans les espaces publics du canton. Pointés en priorité : les attributs du nazisme comme la croix gammée et le sigle SS. Seul leur usage à des fins culturelles, historiques, pédagogiques, journalistiques ou scientifiques resterait admis.

En cas d’acceptation, la législation cantonale devra concrétiser cette interdiction et prévoir les exceptions. Il faudra ainsi créer une loi idoine ou modifier la LPG, avec l’introduction d’un article 11H. La peine encourue pour les contrevenants, elle, ne pourra être qu’une amende de droit cantonal sanctionnant une infraction de gravité limitée.

Front de refus

Plusieurs personnalités et mouvements politiques s'opposent à ce texte, initié par Thomas Bläzi en 2023, notamment à l'extrême-droite au motif que celui-ci est liberticide. Parmi eux, le Cercle Georges Oltramare, le Comité pour la Nature, le Front National Suisse, Liberté, Pro libertate et Résistance Helvétique pour ne citer que quelques-uns. Mais le plus étonnant, c'est l'avis du premier parti de Suisse, soit l'UDC qui rejette aussi cet objet en invitant les citoyens à voter NON, ce au grand dam de la communauté israélite de Genève et d'associations telles que la LICRA et la CICAD luttant contre le racisme et l'antisémitisme.

L’opinion populaire, elle, paraît divisée sur le sujet d’après un micro-sondage. Nombre d’électeurs refuseraient d’inscrire cette disposition dans la loi fondamentale du Canton, pour d’aucuns parce qu’elle est subjective par essence, d’autres préférant une loi ordinaire à l’échelle nationale. Pour les plus réfractaires, cette mesure serait une atteinte à leur liberté d’expression dans l’unique but de contenter des minorités privilégiées. Les plus avisés pensent à juste titre que censurer le symbole d’une idéologie, quelle qu’elle soit, n’empêchera jamais celle-ci de se propager. Bref, le principe constitutionnel, soumis au vote, est loin de faire l’unanimité bien que plébiscité par le Grand Conseil en juin 2023.

On comprend cette réticence. Comment définir ce qui est ou pas un symbole haineux ? Qui le déterminera, sur quels critères ? En effet, il est difficile d'établir une nomenclature des signes à prohiber qui s'avère soit partiale, soit interminable pour s'adapter à l'actualité. Assurément, c'est ouvrir une boîte de Pandore... déjà avec le swastika, symbole millénaire et universel de paix avant d'être perverti par le nazisme, ou les codes de reconnaissance cryptiques (18, 44, 88, 100W, 6MWE, OK, SWP, etc) aux possibilités infinies dont use l'extrême-droite.

Et puis... d'autres cas de figure peuvent émerger. Si la loi était présentement en vigueur, on peut imaginer, par exemple, que des citoyens réclament à l'Etat que l'Etoile de David et le drapeau israélien soient bannis de nos espaces publics en raison des crimes de guerre commis par Tsahal ces derniers mois contre des civils palestiniens dans la Bande de Gaza (PL). Requête pas si inepte, selon certains juristes !

Article constitutionnel inutile

Il faut savoir que le droit suisse proscrit déjà la discrimination et l’incitation à la haine via les articles 261bis du Code Pénal et 171c du Code Pénal Militaire. Est puni ainsi l’emploi d’emblèmes, d’objets, de slogans ou de gestes lorsqu’ils servent à faire publiquement la propagande d’une idéologie radicale, du racisme ou de la violence dans le but de rallier des tiers. Par le passé, le législateur s’est penché plusieurs fois sur une interdiction totale des symboles extrémistes de l’espace public, ce sans voter une norme pour autant. Sauf qu'après le Conseil des Etats en décembre 2023, le Conseil national a accepté le 17 avril 2024 la motion CAJ-E 23.4318 (13.10.2023) chargeant le Conseil fédéral d’élaborer une base légale dans ce sens. Même si cela suscitera un débat parlementaire, fort animé, cette nouvelle tentative pourrait être la bonne.

N’ajoutons pas de l’arbitraire dans la Constitution de la République et Canton de Genève avec l’article 210A. Votons NON le 9 juin à cette modification ! L’arsenal juridique actuel est suffisant en la matière dans l’attente soit d’un texte pénal, avec un paragraphe 6 à l’article 261bis ou un article 261ter, soit d’une loi fédérale ad hoc garantissant une solution unique et uniforme dans toute la Suisse.

vendredi 5 avril 2024

La CICAD dupée ?

SUISSE. La CICAD vient de publier son rapport 2023 sur l'antisémitisme en Suisse romande. L'an passé, 944 actes judéophobes ont été recensés par l'association contre 562 en 2022, soit une hausse de 68%. Ces chiffres, qu'il faut considérer avec prudence, n'ont été validés par aucune agence de contrôle indépendante. Le document contient au moins une bévue.

Pour preuve, la CICAD révèle l’existence d’un Cercle Georges Oltramare, sis à Cologny (CH), aux pages 14 et 19 dudit rapport. Seulement ce club de pensée néofasciste n’a jamais vécu que dans un monde imaginaire. Cette entité irréelle a été créée en 2007 dans le cadre d'un projet artistique. Ses protagonistes, à l’exemple de son président Faldo Thrilhe, sont des personnages romanesques tout comme les actes, propos et événements contés en lien avec ce leurre ne constituent que des fabulations, parfois inspirées par un fait divers. Le Cercle Georges Oltramare apparaît ainsi dans plusieurs fictions littéraires, tantôt satiriques tantôt loufoques, dont certaines sont publiées sur Internet, d'autres en version imprimée par HoaxMag, Queer ou Schutzpah. Les opinions exprimées à travers ces récits, elles, ne reflètent nullement celles de l'auteur. Enfin, quelques extraits, variantes ou traductions pirates de ces textes ont été diffusés dans des médias, sans l'accord de l'écrivain.

Autrement dit, la CICAD a montré qu'elle est faillible, voire [censuré], en colportant cette Fake News, avec ses narrations récréatives. La ligue dispose pourtant des moyens et du personnel compétent pour déceler ce genre de canular par un fact-checking. D'autant plus grave que celle-ci propose des modules pédagogiques à nos écoliers pour repérer les infox et les préjugés racistes, notamment sur Internet.

Bien d'autres, à l’instar du GRA ou de la Tribune de Genève, se sont fourvoyés en croyant à la réalité du Cercle Georges Oltramare et de ses activités improbables, en dépit des mises en garde. Il est consternant que des organisations et des médias, soi-disant sérieux, aient relayé des fumisteries sans avoir vérifié au préalable la véracité des faits et des dires relatés. Ceux-ci ont clairement manqué à leur devoir de rigueur professionnelle !

mercredi 6 septembre 2023

Croix gammées à Genève

SUISSE. Ces récents jours, des swastikas ont été tagués un peu partout en Ville de Genève. Une centaine en tout, d'après la police. Ni synagogues ni écoles israélites n'ont été ciblées. Parmi les lieux touchés, les quartiers de Champel, de Plainpalais et de la Servette. Cette action n’a guère soulevé l’indignation générale. Leur auteurs se comptent sûrement par dizaines... La commune, à l'instar d'autres lésés privés, a déposé plusieurs plaintes pénales contre inconnu pour dommages à la propriété.

Ce vandalisme politique, après appropriation des Ready-Made en cause, a été revendiqué par le Cercle Georges Oltramare (CH) hier sur X. Un acte, purement incorporel, exempt de mobile raciste prétend son Président Faldo Trilhe. Ce club de réflexion néofasciste, fondé en mai 2007, s’oppose à toute proscription de ce symbole de paix millénaire, vénéré par quelque deux milliards de gens dans le monde, notamment les Bouddhistes, les Hindouistes ou encore les Jaïns.

Votation populaire

Il faut savoir que les Genevois voteront en juin 2024 sur un article constitutionnel qui interdira l’exhibition ou le port de symboles, d’emblèmes et de tout autre objet de haine dans les espaces publics du Canton de Genève. Une loi nationale en la matière tardant à venir. La croix gammée est évidemment visée par la mesure en raison de son utilisation pervertie par les Nazis au XXe siècle. Pour beaucoup, en Occident, ce signe renvoie au racisme, à la xénophobie et à l'antisémitisme avec la Shoah. Ils ignorent souvent les multiples variantes et la polysémie du swastika, surtout ses sens spirituels et religieux. Le député Thomas Bläsi (UDC), appuyé par la CICAD, est à la source de cet article législatif. Le projet a été approuvé le 23 juin dernier par le Grand Conseil, à l'exception d'un parlementaire.

Aujourd’hui, le droit helvète punit, par le biais des articles 261bis du CPS et 171c du CPM, quiconque utilise en public un symbole nazi, raciste, extrémiste ou faisant l’apologie de la violence de manière à propager l’idéologie qu’il représente. Une personne qui exhibe un tel symbole, sans volonté de colporter activement son idéologie, n’encourt en revanche aucune peine.

Durcir cette législation par voie constitutionnelle au plan cantonal, comme le souhaitent les élus genevois, est non seulement discutable mais complexe à mettre en oeuvre. En effet, il est ardu d’établir une nomenclature des signes à bannir qui s’avère soit arbitraire, soit interminable pour s’ajuster à l’actualité. D’autant plus qu’une délimitation juridique de ces symboles n’existe pas pour l’heure en Suisse si ce n’est dans un rapport du DFJP qui les a listés en 2022, à titre indicatif, pour le Conseil fédéral. Un document décrié… Sans oublier que pour donner corps à ce principe cantonal, il faudra créer une loi ad hoc ou inscrire un article 11H dans la LPG et assurer, ensuite, son application, ce hors du droit pénal fédéral. Ainsi seule une amende de droit cantonal, pour infraction de gravité mineure, punira les contrevenants.

Campagne pour le refus

C’est pourquoi le Cercle Georges Oltramare fera campagne l’an prochain contre ladite loi afin de sensibiliser la population sur l'histoire et les diverses significations de cette figure universelle, patrimoine de l'Humanité. Il s'agira aussi d'expliquer l'inutilité et la difficulté d'application de cette lex ferenda, voire qu'elle est contraire à la Constitution fédérale. D'abord, une conférence sur le sujet sera donnée à son siège social, à Cologny (GE), et sur YouTube par Alex Embroissi en avril 2024, puis, des stands d'information seront dressés, l'un à la Place du Molard, l'autre vers la Gare Cornavin, durant deux samedis en mai. Ses membres arboreront un badge orné d'une croix gammée lors de ces événements. Des tracts seront, par ailleurs, distribués aux citoyens afin de les convaincre de rejeter cette loi. Cette croisade s'achèvera avec la publication de swastikas artistiques dans un journal local et sur Instagram, 10 jours avant la votation.

La prohibition de symboles, quels qu'ils soient, serait par nature une restriction de la liberté d’expression qui irait à l'encontre de notre Constitution nationale. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, il est essentiel, dans une démocratie, que même les points de vue qui fâchent la majorité ou qui sont choquants pour d'aucuns puissent s’exprimer (ATF 143 IV 193 C1). Afficher ses convictions personnelles au vu et au su de tous, par un emblème, doit rester possible dans notre pays, peu importe que ce soit via une croix gammée, un pentagramme satanique ou tout autre attribut, cela sans intention de propagande ni atteinte à la paix publique. Ne soyons pas dupes : proscrire certains logos censés haineux ne contribuera nullement à enrayer racisme, violence et extrémismes.

Rappelons enfin, que chaque année depuis 2009, le Mouvement raëlien, dont le logo mêle le swastika à l’Etoile de David, organise le World Swastika Rehabilitation Day dans plusieurs cités à travers le globe. Même des Juifs suisses y participent !

jeudi 17 mars 2022

Zelensky doit accepter l'ultimatum russe !

UKRAINE. Depuis l'invasion russe en Ukraine le 24 février, le Président Volodymyr Zelensky s'invite à tout bout de champ, par vidéoconférence, dans les médias et les parlements occidentaux pour rameuter l'opinion internationale, accuser l'ONU et l'OTAN d'inaction, donner ses ordres sur ce qu'on doit faire pour l'Ukraine, exiger armement et argent... Quelle arrogance !

Si les principales exigences de Volodymyr Zelensky étaient satisfaites, soit une intervention militaire de l'OTAN et l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne en Ukraine, nous entrerions dans une guerre mondiale qui, compte tenu des belligérants en présence, serait la dernière guerre de l'Humanité et, peut-être, notre tombeau à tous.

Autrement dit, ce personnage réclame et appelle de ses vœux une configuration militaire qui nous serait fatale. Or, finir sous un tapis de bombes nucléaires n'est pas exactement ce qui serait le plus profitable à nos pays. La volonté de ce Juif, avec ses propagandistes, à nous entraîner dans ce projet apocalyptique est insensée.

Pourtant les choses sont bien claires : il n'y aura pas d'affrontements militaires entre l'OTAN et la Russie. Un point c'est tout ! Cela a été dit et répété. Volodymyr Zelensky ne l'a toujours pas compris. L'Ukraine doit se battre seule contre un ennemi qui, militairement, gagnera quoi qu'il en soit, malgré l'apparente résistance localisée de certaines unités ukrainiennes, notamment à Kiev et Odessa.

A ce stade de la guerre, Volodymyr Zelensky, qui a cherché de l'aide, qui a bataillé, qui a fait tout ce qui était en son pouvoir, doit maintenant se rendre à l'évidence et accepter l'ultimatum russe pour limiter les souffrances des populations ukrainiennes et empêcher davantage de destructions matérielles. Il en va désormais de son devoir moral. Rappelons que pour le Maître du Kremlin, l'Ukraine doit consentir principalement à :
  1. ne pas adhérer à l'OTAN
  2. conserver sa neutralité et un statut non-nucléaire
  3. se démilitariser
  4. se dénazifier
  5. reconnaître l'annexion de la Crimée par la Russie
  6. reconnaître la souveraineté des régions séparatistes pro-russes du Donbass.
De leur côté, les Etats-Unis et ses vassaux, doivent stopper de fournir à l'Ukraine des armes, des munitions et toute autre assistance, via du renseignement et des conseillers militaires, pour lui permettre de poursuivre cette guerre perdue d'avance. Tout comme les sanctions économiques et financières contre la Russie doivent être levées, et non élargies, sauf celles visant directement les oligarques et les dirigeants du régime. En revanche, un secours humanitaire peut être apporté aux Ukrainiens.

Hélas, j'ai peur que ce dirigeant égocentrique, qui adore se mettre en scène, apprécie le costume de héros que l'Occident lui taille à longueur de journée et que cela l'encourage à faire durer la situation. Se plier à l'ultimatum de Vladimir Poutine reviendrait pour lui à faire cesser le récit glorieux et valorisant dans lequel il tient, lui l'ancien acteur, le rôle principal. Il n'en a sans doute pas très envie...

Personnellement, j'ai du mal à considérer comme un héros un type qui, se sachant vaincu, fait des réclamations dont la conséquence serait de nous faire tous tomber avec lui. Son entêtement à faire la guerre, en sacrifiant inutilement des civils et des soldats, jusqu'à la destruction totale de son pays est une pure folie. Que la marionnette de Washington arrête son cinéma !

Si Volodymyr Zelensky aime vraiment son peuple et l'Ukraine, qu'il dépose les armes et accepte une capitulation sans conditions au nom de la Paix. Le monde lui en saura gré, les Ukrainiens en premier. N'en déplaise à l'Oncle Sam... qui est en partie responsable de ce conflit aux portes de Europe.

mardi 14 décembre 2021

L'artiste Pixel toujours plus cher !

ART. Le 25 novembre dernier, une nouvelle oeuvre digitale de Pixel (PX) s'est arrachée pour un prix avoisinant les 200.000 USD, lors d'une vente aux enchères sur le site Rarible, permettant à l'artiste suisse de battre son précédent record marchand de l'année.

Intitulée Lines #12, l'image au format jpeg est stockée, authentifiée et sécurisée sur la blockchain Ethereum via un NFT (Non-Fungible Token). L'auteur a émis à cette occasion un timbre-poste suisse à 1.70 CHF (WebStamp) où figure une miniature dudit opus, ce en 22 exemplaires comme il le fait habituellement pour chacune de ses compositions. Une vignette, non oblitérée, a même été enregistrée au dépôt légal genevois. Un fac-similé de cette pièce est actuellement affiché en public du 13 au 18 décembre 2021 au coeur de Manhattan, à New York (USA), avec celles d'autres peintres sur un panneau géant.

Lines #12 / © Franco Maiullari 2021
 

Dans ce visuel réalisé grâce à un logiciel graphique sur la base d'algorithmes, on reconnaît le caractère obsessionnel de Pixel pour les lignes et les bandes colorées qui sont devenues, aujourd'hui, les éléments centraux de son univers esthétique. L'artiste se voue, année après année, à l'exploration rigoureuse et interminable d'une forme et d'un processus créatif, par essence répétitif mais aux multiples variations, cette quête aboutissant à une oeuvre singulière, exempte de message, d'une absolue cohérence sur laquelle le temps semble ne pas avoir prise. On aime ou on déteste ces codes-barres fétichisés en idéal pictural.

Pour rappel, Pixel est le pseudonyme de Franco Maiullari (1954), ex-banquier qui s'adonne en amateur à l'art pictural abstrait depuis les années 2000. Celui-ci a exécuté à ce jour quelque 150 tableaux, estampes et infographies, à quoi s'ajoutent des graffitis, effectués avec son alter ego, sur les murs de Londres (GB), New York (USA) et Paris (F). Le plasticien privilégie désormais le crypto-art dans sa production artistique, face à l'engouement mondial pour les NFT. La plupart de ses oeuvres se trouvent chez des particuliers, dont le célèbre Zeng Fanzhi, ou dans des banques privées telles que Bedrock à Monte-Carlo (MC). Enfin, depuis quelques mois, sa cote de valeur et sa notoriété ne cessent de grimper sur le marché international de l'art, ce sous la pression des spéculateurs et des collectionneurs mais, aussi, en raison de la rareté des oeuvres disponibles.

mardi 21 septembre 2021

L'artiste Pixel vend son premier NFT

ART. Le peintre suisse Franco Maiullari (1954), alias Pixel (PX), a vendu sur Internet sa première oeuvre digitale intitulée Lines n°2 (1/1), sous la forme d'un fichier jpeg de 310 Mo, avec son certificat d'authenticité, le tout encrypté et associé à un NFT (Non-Fungible Token), pour un montant de 168.600 USD à un riche industriel chinois dont l'identité n'a pas été révélée. La transaction commerciale, payée en Ethers, a eu lieu le 28 août 2021 via la plate-forme OpenSea. Environ 2.000 personnes ont suivi l'encan en direct. Parallèlement, le plasticien a marqué l'événement en émettant un timbre-poste helvète, de valeur faciale à 1.70 CHF, sur lequel figure en miniature la pièce cédée, comme l'homme a coutume de le faire pour chaque opus produit. Vingt enveloppes affranchies avec ladite vignette et oblitérées, contenant un courrier explicatif, ont été adressées à l'acquéreur, à cinq maisons de négoce en philatélie, six musées d'art et huit collectionneurs influents, parmi eux François Pinault et David Geffen. En sus, un timbre-poste, non oblitéré, a été enregistré au dépôt légal genevois. Avec cette enchère hors-norme, la cote du créateur a bondi sur le marché international de l'art contemporain tout comme sa notoriété, le sortant d'un relatif anonymat. Celui-ci est répertorié à présent dans Artnet. Il faut savoir que jusqu'alors les ouvrages de Pixel se monnayaient entre 4.100 et 15.500 USD, guère plus...

Lines #2 / © Franco Maiullari 2021

Franco Maiullari, qui est un ex-banquier, pratique en amateur l'art abstrait depuis les années 2000. Après ses deux séries de tableaux, de grands formats, Spaces (2006-2009) et Endlos (2015-2017), les bandes striées colorées, plus ou moins larges, parfois séparées par des raies blanches, le tout en alignement vertical ou horizontal, sont devenues au fil d'une temps des éléments centraux de son univers esthétique, aux multiples et infinies variations. Pixel a réalisé à ce jour quelque 130 toiles, gravures et infographies, à quoi s'ajoutent des graffitis figuratifs à Londres (GB) et New York (USA).

Pour les experts d'Artprice et certains critiques d'art, Pixel n'a pour l’heure qu'une importance mineure dans la création contemporaine, malgré son style affirmé aux qualités picturales évidentes. C'est pourquoi son subit et inattendu record sur OpenSea leur paraît être une valorisation surfaite, voire suspecte. On soupçonne une vente spéculative orchestrée par l'artiste, avec la complicité de l'acquéreur chinois et d'un second enchérisseur. Partant, le site OpenSea a suspendu le compte de Pixel. Affaire à suivre...

lundi 21 décembre 2020

Un prisonnier politique en Suisse

SUISSE. La justice genevoise a condamné un Helvète* pour ses opinions politiques extrémistes. Cet ex-journaliste, chez Le Matin, a écopé de 160 jours de prison ferme pour incitation publique à la haine et à la discrimination. Le concerné a notamment violé l'article 261bis du Code pénal suisse. Interpellé le 16 mai 2020, il a déjà passé 55 jours derrière les barreaux en détention provisoire avant d'être libéré au mois de juillet dans l'attente de son jugement.

L’incriminé se définit comme national-socialiste et suprémasiste. Il a expliqué lors de son procès être un combattant politique engagé dans la défense de la civilisation européenne et de la blanchitude. Plus grave ! Tant sur Facebook et Twitter que via son blog GrandFacho, l’individu a régulièrement étrillé les Juifs et nié la Shoah tout en glorifiant le nazisme. Au total, quelque 9.000 documents et commentaires on été publiés par ce propagandiste de la théorie du Grand Remplacement. Selon la justice, les propos du quinquagénaire n’étaient pas destinés à son seul cercle privé, soit plus de 800 abonnés, mais étaient aussi publics. En effet, tout un chacun pouvait lire ses posts sans restriction. Son site Web enregistrait pas moins de 25.000 visites par mois. La Cour a ainsi relevé que le mis en cause avait cherché à diffuser ses idées le plus largement possible. Il faut dire que l’activiste revendique une totale liberté d’expression, quitte à transgresser la loi.

C’est la CICAD, une ligue juive, qui a traqué ce Suisse sur Internet et l’a dénoncé au Parquet genevois pour ses agissements antisémites et négationnistes répétés entre 2018 et début 2020. Elle a exigé, par ailleurs, la clôture du site Web controversé. Rappelons que la CICAD épie nos faits et gestes sur Internet, via un une veille informationnelle et des mouchards, afin d’y repérer tout discours antisémite, antisioniste ou révisionniste et le signaler à la justice.

Bien entendu, l’accusé conteste les considérants du jugement et la sanction. Le militant refuse donc de purger le reste de sa peine d’emprisonnement. Celui-ci compte recourir jusqu’au Tribunal Fédéral, voire la CEDH contre cette condamnation inique et indigne d’une démocratie libérale. Le martyr, nous dit aussi qu’il ne renoncera jamais à ses convictions politiques, ni à les exprimer ouvertement…

* Nom connu de la rédaction

mercredi 9 décembre 2020

Un activiste NS viré de la ZHdK

SUISSE. La Haute école d'art de Zürich (ZHdK) a expulsé un étudiant* de 19 ans. Ses camarades de classe et des enseignants ont demandé qu'il soit renvoyé après avoir eu connaissance de ses opinions politiques d'extrême-droite et de sa vénération pour Adolf Hitler. Une pétition réclamant son départ avait réuni quelque 2.000 signataires, parmi lesquels des élus de la gauche zurichoise et des Juifs. La direction avait déjà pris des mesures disciplinaires contre celui-ci au mois d'août 2020. Le concerné s'était vu interdire l'accès aux locaux et l'utilisation des infrastructures de l'institution avant d'être exmatriculé le 8 décembre.

Dénonciation

Parallèlement, l’université avait signalé à la police la radicalisation de l’élève. Il faut savoir que l’individu dirige Eisenjugend Schweiz, groupe ultra d’inspiration accélérationniste, fondé en 2019 à Winterthour (ZH), qui espère l’effondrement de notre civilisation afin de la remplacer par une société fasciste basée sur l’éthno-nationalisme. Cette formation para-militaire compterait une cinquantaine de partisans, âgés de 17 à 29 ans.

Le Ministère public zurichois a ouvert en conséquence une instruction cet été. La PJ a interpellé l’apprenti, avant de perquisitionner son domicile. Elle a saisi plusieurs armes, dont un fusil Barrett M82, et des munitions. Des ordinateurs et du matériel de propagande ont été aussi séquestrés pour analyse. Le suspect, sans casier judiciaire, n’a pas livré d’informations sur les activités et les membres de sa milice aux enquêteurs, si ce n’est qu’il diffuse son idéologie sur Internet, notamment via Telegram. Sa filature et une surveillance électronique durant plusieurs jours ainsi que l’examen de ses PC et de ses finances n’ont rien révélé de compromettant. Ces investigations ont permis, en revanche, d’identifier des accointances à l’étranger et d’établir qu’il se prépare, avec ses fléaux, à l’éventualité d’une guerre raciale. Bref, aucun élément probant pour étayer des accusations concernant, par exemple, un projet d’attentat ou une atteinte à la sûreté de l’Etat. Le sujet a été relâché à l’issue de son audition. Son armement, acquis légalement, ne lui ont pas été restitué par mesure préventive. Pour l’heure, le Parquet zurichois ne se prononce pas s’il y a matière à des poursuites pénales à son encontre. D’autres militants de la milice ont été désarmés dans la foulée, puis interrogés par la police sans plus de succès.

Violences à la ZHdK

Rappelons que l’intéressé a subi des insultes, des menaces voire des coups de la part de ses condisciples à la ZHdK pendant plusieurs semaines, avec en sus une campagne de dénigrement orchestrée par Barrikade.info. Il a enduré son calvaire sans faire appel à sa troupe pour le secourir. Les faits sont d’une extrême gravité, selon l’avocat du jeune homme. En effet, la direction de l’école n’a pas réagi pour stopper ce harcèlement malgré les alertes de la victime. Elle a préféré céder aux pressions des antifascistes en excluant cet étudiant sous des prétextes captieux pour rétablir la paix sur le campus. Parmi les raisons invoquées : ses convictions politiques contraires aux valeurs portées par l’université. Autrement dit, la ZHdK ne l’a pas protégé tout comme elle n’a pas respecté ses libertés fondamentales ni son droit à une formation professionnelle gratuite dans une institution publique, garantis par notre Constitution. C’est pourquoi son défenseur envisage de déposer plainte contre son dirigeant, Thomas Meier, ainsi que deux élèves ayant violenté l’extrémiste et un responsable de Barrikade.info.

Sous protection policière

L'établissement scolaire pourrait essuyer dans les prochains jours des représailles, telles qu'une cyberattaque visant son réseau informatique, du vandalisme ou, pire, une fusillade de la part des néonazis, craint sa direction. Les professeurs, signataires de la pétition précitée, pourraient aussi être agressés. La sécurité du lieu a donc été renforcée. Thomas D. Meier bénéficie, lui, d'une protection policière 24h/24... alors que la Eisenjugend Schweiz vient d'être dissoute par son chef. Ce dernier ne cesse pas son combat politique pour autant !

* Nom connu de la rédaction