SUISSE. La Haute école d'art de Zürich (ZHdK) a expulsé un étudiant* de 19 ans. Ses camarades de classe et des enseignants ont demandé qu'il soit renvoyé après avoir eu connaissance de ses opinions politiques d'extrême-droite et de sa vénération pour Adolf Hitler. Une pétition réclamant son départ avait réuni quelque 2.000 signataires, parmi lesquels des élus de la gauche zurichoise et des Juifs. La direction avait déjà pris des mesures disciplinaires contre celui-ci au mois d'août 2020. Le concerné s'était vu interdire l'accès aux locaux et l'utilisation des infrastructures de l'institution avant d'être exmatriculé le 8 décembre.
Dénonciation
Parallèlement, l’université avait signalé à la police la radicalisation de l’élève. Il faut savoir que l’individu dirige Eisenjugend Schweiz, groupe ultra d’inspiration accélérationniste, fondé en 2019 à Winterthour (ZH), qui espère l’effondrement de notre civilisation afin de la remplacer par une société fasciste basée sur l’éthno-nationalisme. Cette formation para-militaire compterait une cinquantaine de partisans, âgés de 17 à 29 ans.
Le Ministère public zurichois a ouvert en conséquence une instruction cet été. La PJ a interpellé l’apprenti, avant de perquisitionner son domicile. Elle a saisi plusieurs armes, dont un fusil Barrett M82, et des munitions. Des ordinateurs et du matériel de propagande ont été aussi séquestrés pour analyse. Le suspect, sans casier judiciaire, n’a pas livré d’informations sur les activités et les membres de sa milice aux enquêteurs, si ce n’est qu’il diffuse son idéologie sur Internet, notamment via Telegram. Sa filature et une surveillance électronique durant plusieurs jours ainsi que l’examen de ses PC et de ses finances n’ont rien révélé de compromettant. Ces investigations ont permis, en revanche, d’identifier des accointances à l’étranger et d’établir qu’il se prépare, avec ses fléaux, à l’éventualité d’une guerre raciale. Bref, aucun élément probant pour étayer des accusations concernant, par exemple, un projet d’attentat ou une atteinte à la sûreté de l’Etat. Le sujet a été relâché à l’issue de son audition. Son armement, acquis légalement, ne lui ont pas été restitué par mesure préventive. Pour l’heure, le Parquet zurichois ne se prononce pas s’il y a matière à des poursuites pénales à son encontre. D’autres militants de la milice ont été désarmés dans la foulée, puis interrogés par la police sans plus de succès.
Violences à la ZHdK
Rappelons que l’intéressé a subi des insultes, des menaces voire des coups de la part de ses condisciples à la ZHdK pendant plusieurs semaines, avec en sus une campagne de dénigrement orchestrée par Barrikade.info. Il a enduré son calvaire sans faire appel à sa troupe pour le secourir. Les faits sont d’une extrême gravité, selon l’avocat du jeune homme. En effet, la direction de l’école n’a pas réagi pour stopper ce harcèlement malgré les alertes de la victime. Elle a préféré céder aux pressions des antifascistes en excluant cet étudiant sous des prétextes captieux pour rétablir la paix sur le campus. Parmi les raisons invoquées : ses convictions politiques contraires aux valeurs portées par l’université. Autrement dit, la ZHdK ne l’a pas protégé tout comme elle n’a pas respecté ses libertés fondamentales ni son droit à une formation professionnelle gratuite dans une institution publique, garantis par notre Constitution. C’est pourquoi son défenseur envisage de déposer plainte contre son dirigeant, Thomas Meier, ainsi que deux élèves ayant violenté l’extrémiste et un responsable de Barrikade.info.
Sous protection policière
L'établissement scolaire pourrait essuyer dans les prochains jours des représailles, telles qu'une cyberattaque visant son réseau informatique, du vandalisme ou, pire, une fusillade de la part des néonazis, craint sa direction. Les professeurs, signataires de la pétition précitée, pourraient aussi être agressés. La sécurité du lieu a donc été renforcée. Thomas D. Meier bénéficie, lui, d'une protection policière 24h/24... alors que la Eisenjugend Schweiz vient d'être dissoute par son chef. Ce dernier ne cesse pas son combat politique pour autant !
* Nom connu de la rédaction