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jeudi 22 janvier 2026

Yom HaShoah à Genève

SUISSE. La Ville de Genève convie ses citoyens, le mardi 27 janvier 2026 à 18h30 sur la Place de la Petite-Fusterie, à la cérémonie officielle de commémoration organisée en hommage aux six millions de victimes de la Shoah, ce dans le cadre de l'International Holocaust Remembrance Day.

Cette année, un hommage particulier sera rendu à Mme Ruth Fayon, rescapée du Camp nazi d’Auschwitz-Birkenau (PL), dont le nom entre en force dans l’espace public genevois, sur proposition de la CICAD, avec une plaque de rue dédiée. Un choix toponymique qui ne fait pas l'unanimité auprès de la population.

La solennité se déroulera en présence des autorités genevoises, avec des discours officiels, quelques témoignages et, bien sûr, l’allumage des bougies de la Mémoire, suivi d'une minute de silence. Du ciel noir, pleuvra des larmes... sur la banalité du Mal. Ombre au tableau : des personnalités sionistes, parmi lesquelles des élus de la droite locale, seront là ! C'est pourquoi, probablement, peu de monde assistera à ce moment symbolique si ce n'est la communauté juive du canton... avec une poignée de membres autour de l'artiste israélien Einat.

La sécurité de cet événement sera assurée de concert par la police genevoise et le GSI, une milice juive, ce afin de prévenir tout trouble à l’ordre public en raison du contexte antisémite actuel. En effet, une contre-manifestation non autorisée pourrait avoir lieu au même moment pour dénoncer, une fois encore, les crimes de guerre d’Israël à Gaza (PSE).

mercredi 26 juin 2024

Pixel (PX) peint la Shoah

ART. Le peintre Franco Maiullari, alias Pixel (PX), présente ses nouvelles oeuvres à la galerie GEO, à Cologny (CH), soit une quinzaine de planches intitulées Totenort. Cet ex-banquier suisse s’adonne à l’art pictural, entre figuration et abstraction, depuis les années 2000. Il est connu pour son iconographie sur le Troisième Reich (2003-2005) et ses séries Stripes (2008->) et Lines (2021->). Son talent artistique est diversement apprécié par ses pairs et les experts du domaine. La cote marchande du créateur, elle, progresse à la faveur d’un mouvement spéculatif.

Camp SS en images

En voici deux. Il s’agit de photos numériques prises par l’auteur au camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau (PL), en mai 2022. Les clichés ont été ensuite retouchés sur ordinateur avec un logiciel graphique jusqu’à obtenir l’effet escompté. Enfin, le résultat a été imprimé avec des encres thermochromes sur papier blanc BFK Rives (300 g/m²) en 18 exemplaires. Chaque estampe (120×80 cm) est titrée, numérotée, datée et signée par Pixel (PX) au verso. Le certificat d’authenticité, outre les informations d’identification et techniques, affiche en tête un NS-Reichsadler et la prière hébraïque El Maleh Rah’Amim. Toutes les planches ont été prévendues au prix de 1.888 CHF l’unité. Nombre de nombres, ô combien symboliques ! La plupart des acquéreurs sont des Israélites.

Camp de concentration nazi d’Auschwitz-Birkenau (PL). Art contemporain
Totenort #14 / © Franco Maiullari 2024
Le second volet de ce travail artistique a consisté à diffuser les images via des codes QR, soit une cinquantaine au total, qui ont été collés par son alter ego à certains endroits de Genève dans la nuit du 19 au 20 juin, puis en journée le 22 juin. Citons, parmi eux, le CAC, l’antique Cancel ou le parvis de la synagogue Beth-Yaacov. Au citoyen de les dénicher, puis de les scanner avec son smartphone pour résoudre l’énigme cryptée qu’ils contiennent grâce à une application ad hoc. Le concours permet de gagner un Splash Mirror, en Blue Edition (2020), du plasticien John M. Armleder, après tirage au sort des solutions exactes pour désigner le vainqueur.

Camp de concentration nazi d’Auschwitz-Birkenau (PL). Art contemporain

Totenort #15 / © Franco Maiullari 2024
Thème récurrent

Ce sont les énièmes compositions sur le thème de l’Holocauste que nous offre Pixel (PX). Des ouvrages, sans réelle singularité, qu’il qualifie ironiquement d’art dégénéré. Une production bâclée à dessein… On ne reconnait guère les espaces filmés de ce site historique et touristique voué à la Shoah tant les instantanés ont été trafiqués, à l’instar des précédents tirages de la série Totenort. Ce lieu de mémoire, plein d’Humanité et propice à la méditation, l’a peu inspiré de toute évidence tout comme le récit des guides. Ses visuels n’évoquent pas le souvenir prégnant d’un génocide mais plutôt un état de vacuité. L’atmosphère y est claustrophobique, malaisante, quasi kafkaïenne malgré la lumière qui émerge des ténèbres. Est-ce pour nier ou effacer l’indicible réalité d’un passé funeste ? Ou, pire, nous signifier que la solution finale de la question juive reste d’actualité, le camp SS étant dans l’attente d’autres victimes. Tout laisse à le penser avec les swastikas en filigrane… Pourtant, in obscura, un spectre à l’étoile jaune nous crie PLUS JAMAIS CA !

Libéralité

Contrairement à son habitude, Pixel (PX) n’a émis cette fois ni fac-similé de ses créations sur un timbre-poste suisse, via WebStamp, ni fichier digital associé à un NFT. En revanche, une E.A. sera offerte au Musée d’art de Yad Vashem (ISR) par l’artiste, aux racines juives, pour y être exposée. Le profit de la vente, lui, sera reversé à l’ONG Al-Haq (PSE).

mercredi 3 août 2022

L'artiste Pixel (PX) s'invite au MAMCO

SUISSE. Le Musée d’art moderne et contemporain (MAMCO), inauguré à Genève en 1994, est l’un des hauts lieux de l’art dégénéré (Entartete Kunst*) d’après-guerre à aujourd’hui dans notre pays. Quelque 40.000 curieux le visitent chaque an. L’entité, dirigée par Lionel Bovier, fonctionne essentiellement grâce à des subventions publiques.

Oeuvres clandestines

L’artiste suisse Pixel (PX), avec son alter ego, a investi avant-hier à 17:05 l’établissement sans y être convié. C’est au 3e étage de l’institution, dans L’Appartement reconstitué de Ghislain Mollet-Viéville, réunissant une collection d’art minimal et conceptuel, qu’il a affiché durant près de trois heures deux créations personnelles intitulées Stellae #1 et Stellae #2, ce sans que la surveillance de l’endroit ne s’en aperçoive alors que cette intervention avait été annoncée juste avant sur Twitter.

Franco Maiullari

Stellae #1 / © Franco Maiullari 2022
Dans le passé, Pixel a vandalisé plusieurs monuments iconiques, mais aussi parasiter des expositions d’art à travers le globe. Des actions dadaïstes pour certaines. Sans parler des graffitis qu’il réalise un peu partout. Le MAMCO, lui, a déjà subi les supercheries du plasticien en 2006, puis en 2009. L’artiste agit à l’instar du célèbre Bansky qui avait réussi, entre 2003 et 2005, à insérer clandestinement ses oeuvres dans huit musées à Londres (GB), New York (USA) et Paris (F).

Cette fois-ci, les toiles de Pixel ont été présentées via deux codes QR placardés juste à côté de la sculpture Spiffy move (1967) de John Mc Cracken dans la Period Room en question. Ignorant la duperie, le visiteur attentif n’avait qu’à scanner avec son smartphone les pictogrammes pour découvrir aussitôt les images sur son appareil. Les oeuvres dérivent d’une photo numérique, prise au camp nazi d’Auschwitz-Birkenau (PL), qui a été remaniée sur ordinateur avec un logiciel graphique. Le résultat obtenu, après manipulation et coloration, a été ensuite imprimé avec des encres thermochromes sur papier blanc BFK Rives (300 g/m²). Les deux estampes (120×80 cm), éditée chacune à 22 exemplaires (20 + 2 E.A.) sont numérotées et signées par l’auteur. On ne reconnait plus ce site historique et touristique dédié à la Shoah. Le floutage de cet anus mundi voulu par l’artiste, lors du processus créatif, est quasi total. Le message implicite : oublier l’indicible vérité. Le cartel, qui leur était associé au MAMCO, comportait un cryptogramme, en sus du descriptif et des CGV. Les spectateurs étaient invités à élucider l’égnigme puis à envoyer leur solution par courriel à l’artiste, ce pour tenter de gagner l’un des originaux par tirage au sort. La phrase à deviner était l’euphémisme nazi désignant le projet génocidaire contre les Juifs.

Stellae #2 / © Franco Maiullari 2022
Selon son habitude, Pixel a publié lesdites oeuvres sur deux timbres-poste via l’application WebStamp de la Poste suisse, ce à 96 exemplaires. Les vignettes, vendues 50 CHF l’unité pour une valeur faciale de 2.30 CHF, ont été acquises en quelques minutes après leur émission par des philatélistes. 39 visuels originaux, quant à eux, ont été achetés, au prix de 2.018 CHF la pièce, par des collectionneurs privés en moins de 24 heures. Malgré cette réussite commerciale au profit de B’Tselem, d’aucuns, qui n’ont rien compris à cette performance artistique, ont accusé le créateur d’antisémitisme pour ses ouvrages et son rébus sur l’Holocauste, soi-disant infamants pour les Israélites.

Sur le plan esthétique, une fois n’est pas coutume, Pixel a délaissé son thème favori. A savoir : les compositions picturales basées sur des bandes de différentes couleurs et largeurs, alignées horizontalement ou verticalement. Des suites de codes-barres intitulées Stripes (2008->) et Lines (2021->), dont certaines formules ont fait récemment son succès dans le monde de l’art digital et des NFT.

Sécurité défaillante

Comment un tel agissement est-il encore possible au coeur du MAMCO ? En effet, avec l’arrivée en 2016 de Lionel Bovier à la tête du musée, la sécurité des locaux, tout comme celle des collections et des expositions, a été renforcée pour empêcher, notamment ce genre d’exploit par des inconnus. Cependant, il n’y a toujours pas de vidéosurveillance dans les salles publiques. Un réseau de caméras ne sera implanté qu’après la rénovation complète du bâtiment industriel (BAC), abritant le MAMCO, prévue prochainement. En attendant, le personnel chargé de sa protection fait au mieux avec les moyens du bord.

Interrogée par téléphone, la direction a nié cette affaire. Ni déprédation ni ajout sur un ou plusieurs artefacts exposés n’ont été constatés ledit jour, dit-elle. On admet, néanmoins, que des actes similaires ont bien eu lieu jadis, ce sans reconnaître des failles dans le gardiennage. Pour l’institution, le prétendu événement n’a jamais existé ! Démenti d’autant plus abstrus que la prouesse artistique a été filmée et revendiquée par Pixel sur les médias sociaux. De toute façon, pris en flagrant délit, le duo ne risquait pas grand-chose dans cette opération illicite, à part se faire expulser de la place, contrairement aux précédents canulars où celui-ci avait altéré, pour un temps fugace, des oeuvres en cimaise.

Qui est Pixel ?

Rappelons que sous le pseudonyme Pixel, se cache Franco Maiullari, un ex-banquier à la retraite, et son double. Ce peintre autodidacte, né en 1954, de nationalité suisse, excelle autant dans l’art figuratif qu’abstrait. Certains de ses tableaux valent plusieurs dizaines de milliers de francs, comme ceux sur le Troisième Reich (2003-2005) et de la série Spaces (2006-2009). Reste que cet individu, à la notoriété relative, fréquente les milieux d’extrême-droite et ne rechigne pas à produire de l’art dégénéré pour se faire de l’argent facile… qu’il n’a guère besoin. De l’avis des experts d’Artprice, Pixel n’a aujourd’hui qu’une importance mineure dans la création contemporaine, même si sa cote prend l’ascenseur.

* expression nazie pour qualifier et discréditer l’art moderne, africain, juif et bolchevique

mardi 6 mai 2014

Des élèves empêchés de débattre librement sur la Shoah

ETATS-UNIS. Le Rialto Unified School District, un réseau scolaire de la Californie du sud, a suscité la polémique après les révélations dimanche dernier par un journal local, d’un travail de recherche soumis récemment à quelque 2.000 élèves de 8e grade (13-14 ans) du Comté de San Bernardino. La dissertation en cause avait pour thème : «L’Holocauste nazi a-t-il existé ou a-t-il été un outil de propagande utilisé à des fins politiques et pécuniaires ?»

Examen révisionniste

L’objectif du devoir était d'aiguiser le sens critique des collégiens face à un épisode marquant du XXe siècle admis comme vrai depuis le Procès de Nuremberg (20.11.1945-01.10.1946). L’épreuve consistait pour les écoliers à compulser de la documentation sur le sujet via les médiathèques et Internet, puis de l'analyser et, in fine, de justifier leur point de vue en rédigeant un texte dans lequel ils expliquent s'ils croient ou non à l'Holocauste en tant que fait historique avéré. Pour ce faire, les élèves devaient étudier notamment les témoignages d’imposteurs de la Shoah et les thèses révisionnistes comme celles de David Irving, Horst Mahler ou encore Bradley Reed Smith qui mettent en doute, entre autres, la réalité des chambres à gaz ou le nombre de Juifs exterminés par le régime hitlérien. La lecture de The Holocaust Industry (2000) de Norman Finkelstein était aussi recommandée.

Menaces de mort

Suite à la publication dans la presse de ce questionnaire, des associations juives ont porté plainte contre les responsables du réseau scolaire, sommés de s’expliquer sur cette affaire. Par ailleurs, ceux-ci ont dû faire face à de nombreuses menaces de mort. Lundi matin, à la sortie des classes, plusieurs enseignants ont été pris à partie, insultés et molestés par des manifestants juifs. D'aucuns les ont accueillis avec un salut nazi. En conséquence, la police a été obligée d'intervenir et de renforcer la sécurité aux abords de trois établissements scolaires du district, où la situation était fort tendue, afin de protéger les professeurs et leurs élèves ainsi que les bâtiments. Onze chahuteurs ont été expulsés manu militari, trois autres interpellés.

Reculade

Hier après-midi, sous la pression d'une ligue juive, la direction du Rialto Unified School District faisait marche arrière et assurait que toutes les références négationnistes aux camps de concentration nazis durant la Seconde Guerre mondiale seront supprimées du programme scolaire et des bibliothèques. «C’était une grave erreur ! Nous savons tous que l'Holocauste n'est pas un bobard... Nous regrettons profondément la douleur que cela a pu engendrer» a déclaré Syeda Jafri, la porte-parole des collèges du Comté de San Bernardino, tout en s'excusant pour la méprise, ce en signe d’apaisement envers la communauté israélite. Bien entendu, le travail de recherche controversé a été annulé.

Juifs satisfaits

L'Anti-Defamation League (USA) a accueilli cette décision comme une victoire sur le révisionnisme. En effet, l’organisation juive avait protesté avec véhémence contre ce devoir scolaire le qualifiant d'antisémite et sans valeur didactique. Elle souligne que la négation du génocide nazi n’est pas une opinion mais un crime non seulement vis-à-vis du peuple hébreu mais de l’Humanité tout entière. Matthew Friedman, membre de l’ADL, rappelle que personne n’a le droit de remettre en cause la matérialité de ce drame. Et de citer la résolution A/RES/61/255 (26.01.2007) de l'ONU condamnant le déni de l'Holocauste et toute activité menée en ce sens. Après cette fâcheuse affaire, il juge nécessaire que tous les enseignants californiens, qu'ils soient dans le secteur public ou privé, fassent l’objet d’une formation de sensibilisation sur la question au Museum of Tolerance à Los Angeles (USA). Enfin, l’ADL informe qu’elle propose un matériel éducatif sur l'Holocauste sous le titre Echoes and Reflections, réalisé en partenariat avec l'USC Shoah Foundation (USA) et Yad Vashem (ISR), qui est à la disposition gratuite des écoles américaines.

Décision contestée

En revanche, plusieurs parents déplorent cette censure en dénonçant l’ingérence d’une minorité confessionnelle dans le programme pédagogique. Ils estiment que l'école ne doit pas dispenser uniquement des connaissances mais aussi développer chez les élèves leur ouverture d'esprit et leur sens critique, ce peu importe le sujet abordé. Cette dissertation les aurait exercés, notamment, à faire le tri entre les informations fantaisistes et les crédibles, précise une mère. Dans le cas concerné, on a préféré brider la réflexion, au lieu de la susciter, en empêchant ces adolescents d'étudier la Shoah à loisir et de livrer leurs opinions. Pour beaucoup, le recul de l'autorité scolaire est inacceptable dans le pays des libertés où le 1er amendement de la Constitution permet, par exemple, à l'American Nazi Party de promouvoir la haine raciale et de défiler en public avec croix gammées, le cas échéant sous protection policière. Bref, le Rialto Unified School District a fait preuve d'intolérance et de servilité en cédant à un certain lobby, fort de sa mentalité victimaire.