mercredi 3 août 2022

L'artiste Pixel (PX) s'invite au MAMCO

SUISSE. Le Musée d’art moderne et contemporain (MAMCO), inauguré à Genève en 1994, est l’un des hauts lieux de l’art dégénéré (Entartete Kunst*) d’après-guerre à aujourd’hui dans notre pays. Quelque 40.000 curieux le visitent chaque an. L’entité, dirigée par Lionel Bovier, fonctionne essentiellement grâce à des subventions publiques.

Oeuvres clandestines

L’artiste suisse Pixel (PX), avec son alter ego, a investi avant-hier à 17:05 l’établissement sans y être convié. C’est au 3e étage de l’institution, dans L’Appartement reconstitué de Ghislain Mollet-Viéville, réunissant une collection d’art minimal et conceptuel, qu’il a affiché durant près de trois heures deux créations personnelles intitulées Stellae #1 et Stellae #2, ce sans que la surveillance de l’endroit ne s’en aperçoive alors que cette intervention avait été annoncée juste avant sur Twitter.

Franco Maiullari

Stellae #1 / © Franco Maiullari 2022
Dans le passé, Pixel a vandalisé plusieurs monuments iconiques, mais aussi parasiter des expositions d’art à travers le globe. Des actions dadaïstes pour certaines. Sans parler des graffitis qu’il réalise un peu partout. Le MAMCO, lui, a déjà subi les supercheries du plasticien en 2006, puis en 2009. L’artiste agit à l’instar du célèbre Bansky qui avait réussi, entre 2003 et 2005, à insérer clandestinement ses oeuvres dans huit musées à Londres (GB), New York (USA) et Paris (F).

Cette fois-ci, les toiles de Pixel ont été présentées via deux codes QR placardés juste à côté de la sculpture Spiffy move (1967) de John Mc Cracken dans la Period Room en question. Ignorant la duperie, le visiteur attentif n’avait qu’à scanner avec son smartphone les pictogrammes pour découvrir aussitôt les images sur son appareil. Les oeuvres dérivent d’une photo numérique, prise au camp nazi d’Auschwitz-Birkenau (PL), qui a été remaniée sur ordinateur avec un logiciel graphique. Le résultat obtenu, après manipulation et coloration, a été ensuite imprimé avec des encres thermochromes sur papier blanc BFK Rives (300 g/m²). Les deux estampes (120×80 cm), éditée chacune à 22 exemplaires (20 + 2 E.A.) sont numérotées et signées par l’auteur. On ne reconnait plus ce site historique et touristique dédié à la Shoah. Le floutage de cet anus mundi voulu par l’artiste, lors du processus créatif, est quasi total. Le message implicite : oublier l’indicible vérité. Le cartel, qui leur était associé au MAMCO, comportait un cryptogramme, en sus du descriptif et des CGV. Les spectateurs étaient invités à élucider l’égnigme puis à envoyer leur solution par courriel à l’artiste, ce pour tenter de gagner l’un des originaux par tirage au sort. La phrase à deviner était l’euphémisme nazi désignant le projet génocidaire contre les Juifs.

Stellae #2 / © Franco Maiullari 2022
Selon son habitude, Pixel a publié lesdites oeuvres sur deux timbres-poste via l’application WebStamp de la Poste suisse, ce à 96 exemplaires. Les vignettes, vendues 50 CHF l’unité pour une valeur faciale de 2.30 CHF, ont été acquises en quelques minutes après leur émission par des philatélistes. 39 visuels originaux, quant à eux, ont été achetés, au prix de 2.018 CHF la pièce, par des collectionneurs privés en moins de 24 heures. Malgré cette réussite commerciale au profit de B’Tselem, d’aucuns, qui n’ont rien compris à cette performance artistique, ont accusé le créateur d’antisémitisme pour ses ouvrages et son rébus sur l’Holocauste, soi-disant infamants pour les Israélites.

Sur le plan esthétique, une fois n’est pas coutume, Pixel a délaissé son thème favori. A savoir : les compositions picturales basées sur des bandes de différentes couleurs et largeurs, alignées horizontalement ou verticalement. Des suites de codes-barres intitulées Stripes (2008->) et Lines (2021->), dont certaines formules ont fait récemment son succès dans le monde de l’art digital et des NFT.

Sécurité défaillante

Comment un tel agissement est-il encore possible au coeur du MAMCO ? En effet, avec l’arrivée en 2016 de Lionel Bovier à la tête du musée, la sécurité des locaux, tout comme celle des collections et des expositions, a été renforcée pour empêcher, notamment ce genre d’exploit par des inconnus. Cependant, il n’y a toujours pas de vidéosurveillance dans les salles publiques. Un réseau de caméras ne sera implanté qu’après la rénovation complète du bâtiment industriel (BAC), abritant le MAMCO, prévue prochainement. En attendant, le personnel chargé de sa protection fait au mieux avec les moyens du bord.

Interrogée par téléphone, la direction a nié cette affaire. Ni déprédation ni ajout sur un ou plusieurs artefacts exposés n’ont été constatés ledit jour, dit-elle. On admet, néanmoins, que des actes similaires ont bien eu lieu jadis, ce sans reconnaître des failles dans le gardiennage. Pour l’institution, le prétendu événement n’a jamais existé ! Démenti d’autant plus abstrus que la prouesse artistique a été filmée et revendiquée par Pixel sur les médias sociaux. De toute façon, pris en flagrant délit, le duo ne risquait pas grand-chose dans cette opération illicite, à part se faire expulser de la place, contrairement aux précédents canulars où celui-ci avait altéré, pour un temps fugace, des oeuvres en cimaise.

Qui est Pixel ?

Rappelons que sous le pseudonyme Pixel, se cache Franco Maiullari, un ex-banquier à la retraite, et son double. Ce peintre autodidacte, né en 1954, de nationalité suisse, excelle autant dans l’art figuratif qu’abstrait. Certains de ses tableaux valent plusieurs dizaines de milliers de francs, comme ceux sur le Troisième Reich (2003-2005) et de la série Spaces (2006-2009). Reste que cet individu, à la notoriété relative, fréquente les milieux d’extrême-droite et ne rechigne pas à produire de l’art dégénéré pour se faire de l’argent facile… qu’il n’a guère besoin. De l’avis des experts d’Artprice, Pixel n’a aujourd’hui qu’une importance mineure dans la création contemporaine, même si sa cote prend l’ascenseur.

* expression nazie pour qualifier et discréditer l’art moderne, africain, juif et bolchevique

jeudi 17 mars 2022

Zelensky doit accepter l'ultimatum russe !

UKRAINE. Depuis l'invasion russe en Ukraine le 24 février, le Président Volodymyr Zelensky s'invite à tout bout de champ, par vidéoconférence, dans les médias et les parlements occidentaux pour rameuter l'opinion internationale, accuser l'ONU et l'OTAN d'inaction, donner ses ordres sur ce qu'on doit faire pour l'Ukraine, exiger armement et argent... Quelle arrogance !

Si les principales exigences de Volodymyr Zelensky étaient satisfaites, soit une intervention militaire de l'OTAN et l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne en Ukraine, nous entrerions dans une guerre mondiale qui, compte tenu des belligérants en présence, serait la dernière guerre de l'Humanité et, peut-être, notre tombeau à tous.

Autrement dit, ce personnage réclame et appelle de ses vœux une configuration militaire qui nous serait fatale. Or, finir sous un tapis de bombes nucléaires n'est pas exactement ce qui serait le plus profitable à nos pays. La volonté de ce Juif, avec ses propagandistes, à nous entraîner dans ce projet apocalyptique est insensée.

Pourtant les choses sont bien claires : il n'y aura pas d'affrontements militaires entre l'OTAN et la Russie. Un point c'est tout ! Cela a été dit et répété. Volodymyr Zelensky ne l'a toujours pas compris. L'Ukraine doit se battre seule contre un ennemi qui, militairement, gagnera quoi qu'il en soit, malgré l'apparente résistance localisée de certaines unités ukrainiennes, notamment à Kiev et Odessa.

A ce stade de la guerre, Volodymyr Zelensky, qui a cherché de l'aide, qui a bataillé, qui a fait tout ce qui était en son pouvoir, doit maintenant se rendre à l'évidence et accepter l'ultimatum russe pour limiter les souffrances des populations ukrainiennes et empêcher davantage de destructions matérielles. Il en va désormais de son devoir moral. Rappelons que pour le Maître du Kremlin, l'Ukraine doit consentir principalement à :
  1. ne pas adhérer à l'OTAN
  2. conserver sa neutralité et un statut non-nucléaire
  3. se démilitariser
  4. se dénazifier
  5. reconnaître l'annexion de la Crimée par la Russie
  6. reconnaître la souveraineté des régions séparatistes pro-russes du Donbass.
De leur côté, les Etats-Unis et ses vassaux, doivent stopper de fournir à l'Ukraine des armes, des munitions et toute autre assistance, via du renseignement et des conseillers militaires, pour lui permettre de poursuivre cette guerre perdue d'avance. Tout comme les sanctions économiques et financières contre la Russie doivent être levées, et non élargies, sauf celles visant directement les oligarques et les dirigeants du régime. En revanche, un secours humanitaire peut être apporté aux Ukrainiens.

Hélas, j'ai peur que ce dirigeant égocentrique, qui adore se mettre en scène, apprécie le costume de héros que l'Occident lui taille à longueur de journée et que cela l'encourage à faire durer la situation. Se plier à l'ultimatum de Vladimir Poutine reviendrait pour lui à faire cesser le récit glorieux et valorisant dans lequel il tient, lui l'ancien acteur, le rôle principal. Il n'en a sans doute pas très envie...

Personnellement, j'ai du mal à considérer comme un héros un type qui, se sachant vaincu, fait des réclamations dont la conséquence serait de nous faire tous tomber avec lui. Son entêtement à faire la guerre, en sacrifiant inutilement des civils et des soldats, jusqu'à la destruction totale de son pays est une pure folie. Que la marionnette de Washington arrête son cinéma !

Si Volodymyr Zelensky aime vraiment son peuple et l'Ukraine, qu'il dépose les armes et accepte une capitulation sans conditions au nom de la Paix. Le monde lui en saura gré, les Ukrainiens en premier. N'en déplaise à l'Oncle Sam... qui est en partie responsable de ce conflit aux portes de Europe.